Soutien scolaire: il s’installe dans les écoles et les lycées

Le dispositif bénéficie à deux écoliers sur dix et environ 7.500 lycéens assistent à un stage pendant les vacances. Mesure phare de la rentrée, l’aide aux élèves en difficulté suscite des polémiques sur fond de suppressions de postes d’enseignants.

Qui l’eût cru ? Un an après les premières annonces, l’essor du soutien scolaire est en passe de devenir l’une des réformes les plus emblématiques et les plus visibles du ministre Xavier Darcos. Mais aussi, peut-être, un terrain sensible pour le ministre de l’éducation. La Rue de Grenelle vient de dresser un premier bilan de son dispositif d’aide personnalisée créé cette rentrée pour les écoliers en difficulté grâce à la suppression des cours le samedi matin. Près de 1 million d’élèves - soit 19,13 % des effectifs - ont déjà bénéficié de ce soutien, qui prend diverses formes.

Comme souvent dans le primaire, les communes et les écoles ont choisi elles-mêmes leur dispositif. Faute de temps suffisant ( » débrouillez-vous  », leur a répondu Xavier Darcos), beaucoup disent avoir privilégié une approche pragmatique. Le quota de deux heures hebdomadaires a été, dans la majorité des cas, scindé en quatre séquences quotidiennes de trente minutes, plus faciles à «  caser  » dans l’emploi du temps des élèves. Les cours se déroulent le plus souvent à midi (42,5 %) ou le soir (32,7 %) au détriment du mercredi matin (4 %). Une solution satisfaisante pour les enseignants, qui évite de surcroît de bouleverser le fonctionnement de l’école (transports, cantines…). Mais qui ne fait l’unanimité ni chez les experts de l’éducation ni chez les parents d’élèves, qui, selon la Peep, seraient plus d’un tiers à préférer les cours le mercredi.

«  Justice sociale  »

Il n’est pas dit que ces systèmes résistent à l’épreuve de cette première année scolaire. Une chose est sûre : ils seront examinés de près par les lycées, qui vont devoir, à leur tour, intégrer trois heures d’aide individualisée en seconde. Les stages de soutien organisés pendant les vacances paraissent plus consensuels. 7.500 lycéens se sont inscrits cette semaine aux cours organisés par 1.300 professeurs et étudiants volontaires attirés par ce complément de salaire défiscalisé. Pour rallier les professeurs à son projet - déjà très populaire dans l’opinion publique -, Xavier Darcos n’a pas lésiné sur les moyens, allant jusqu’à marteler que ces stages étaient un instrument de «  justice sociale  » face au succès des officines privées.

Reste que les récentes annonces sur le budget 2009 sont venues brouiller ce message : la suppression de 3.000 postes de professeurs spécialisés dans la grande difficulté scolaire (les «  Rased  »), qui seront réaffectés dans des écoles primaires «  classiques  », suscite des inquiétudes. La pétition de soutien a déjà reçu 60.000 signatures, et ils pourraient être nombreux à défiler le 20 novembre à l’appel des trois principaux syndicats d’enseignants du primaire (SNUipp-FSU, SE-Unsa, SGEN-CFDT).